mardi 7 avril 2009

"Deux frères qui attirent les savants du monde entier"

"FONDS LESSON. Constitué d'objets et d'écrits du Pacifique, ce legs à la Ville est unique (Rochefort)

Pierre-Adolphe Lesson (en médaillon) et René-Primevère ont débordé de leur terrain d'enquête initiale en s'intéressant aux populations rencontrées lors de leurs expéditions. (Photo Repro K.C.)

Si l'on parle de fonds ancien à Rochefort, spontanément, c'est le nom de Pierre Loti qui apparaît. Et pourtant, il ne faut pas oublier celui des frères Lesson que se partagent la médiathèque, l'école de médecine et le musée d'art et d'histoire. Car cette collection unique attire des chercheurs et des savants du monde entier.

Qui sont ces deux frères ? L'aîné, René-Primevère a vécu de 1794 à 1849 et le cadet, Pierre-Adolphe, de 1805 à 1888. Nés à Rochefort, ils ont tous deux participé en tant que membres du personnel de santé de la Marine, à la grande aventure de l'exploration du Pacifique dans la première moitié du XIXe siècle. L'aîné était chirurgien et pharmacien naturaliste à bord de la corvette la Coquille. Le cadet était pharmacien et naturaliste à bord de l'Astrolabe entre autres.

Pères de l'ethnologie

Ces voyages de découverte ont enrichi énormément les sciences naturelles, la géographie et l'ethnographie. Car les voyages scientifiques apparaissent au XVIIIe, souvent commandités par des sociétés savantes. Et jusqu'alors, le commun croit qu'en Arctique, se trouve un autre continent pour contrebalancer la vieille Europe qui, sans ça, basculerait.

Claude Stéfani, le conservateur du musée d'art et d'histoire, spécialiste des voyages français dans le pacifique au XIXe, explique :

« Les frères Lesson sont les pères de l'ethnographie car ils ont rassemblé des éléments sur des populations qui parfois ont disparu : tant des objets usuels comme des hameçons ou des peignes, que des armes telles que massues ou sabres, des bijoux, des couronnes, du tapa (étoffe végétale), des tambours ou des clarinettes. Dans leurs écrits, ils ont laissé un témoignage humaniste et inédit à une époque où les découvertes de nouvelles terres étaient plutôt liées à la conquête militaire. »

Cas unique

La collection présente une autre particularité : « En confrontant les manuscrits des frères à la médiathèque et les objets de la collection Lesson au musée, nous arrivons à déterminer les dates de collectes, les lieux et les noms des donateurs. C'est un cas unique dans les collections à Rochefort », s'émerveille toujours Claude Stéfani. Alors qu'Yvonne Bouvier-Graux, responsable de la médiathèque, précise : « Une bonne part des manuscrits de Pierre-Adolphe n'a jamais été éditée. »

Pas étonnant que les Néo-Zélandais s'intéressent aux écrits et aux objets concernant leur pays. Tout comme les gens de Tahiti et des îles océaniennes

Claude Stéfani - qui dit « il faut exploiter ces sources » - ne se prive pas non plus d'attirer l'attention de chercheurs français travaillant sur les Marquises ou sur Vanikoro.

Auteur : Kharinne Charov"

lu dans SudOuest.com (http://www.sudouest.com/charente-maritime/actualite/rochefort/article/552939/mil/4376049.html) dans un article du 7/04/09

1 commentaire:

Jean Vladimir Térémetz a dit…

Si les Vanikoriens ne mangeaient pas également les cadavres, on peut espérer retrouver les tombes de ceux morts noyés, que les survivants auraient réussi à enterrer, avant d'être eux finalement mangés . . . . .

J V T