mardi 9 septembre 2008

"Nouvelle expédition sur les traces de Lapérouse"



9/09/08
En 2005, l'association Salomon, créée par un Nantais, avait relancé les recherches. Cette fois, soixante scientifiques et explorateurs seront sur les traces du navigateur.
Départ le 16 septembre prochain de Nouméa. Une huitième expédition est fin prête pour aller fouiller l'île de Vanikoro, tombeau de Lapérouse.


La Marine Nationale continue de se passionner pour l'un de ses illustres ancêtres, Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse, chef de la plus grande expédition maritime et scientifique française du XVIIIe siècle. L'ancien chef d'état-major de la Marine, l'amiral Battet vient de réussir, contre vents et marées, à bâtir une nouvelle expédition pour explorer, en mer et à terre, les ultimes traces de Lapérouse et de ses hommes. « C'est une affaire qui me passionne, » dit-il. Et il n'est pas le seul.


Un mois avant les cyclones

La magnifique exposition du Musée de la Marine à Paris, consacrée à Lapérouse, qui s'achève le 20 octobre, est un succès. Elle décrit son aventure et le résultat des fouilles déjà réalisées à Vanikoro, un îlot perdu à trois jours de mer de la Nouvelle Calédonie.

Longtemps la disparition du célèbre marin et de ses hommes est restée mystérieuse. Les deux frégates, La Boussole et l'Astrolabe, qui avaient appareillé de Brest le 1er août 1785, se sont perdues corps et biens dans le Pacifique sud, une nuit de tempête de 1788. De grands marins tenteront de retrouver sa trace : D'Entrecasteaux, Dumont d'Urville... Et plus récemment, c'est un Nantais, Alain Conan, vivant à Nouméa, féru d'histoire et passionné de plongées sous-marines, qui a relancé les recherches.

La dernière expédition, en 2005, a levé une grande partie du voile. Lapérouse a péri dans le naufrage de La Boussole. L'Astrolabe, elle, s'est échouée dans une passe, et son équipage a pu survivre. Un ancien campement a été retrouvé. Scientifiquement, l'essentiel a été découvert. N'empêche, l'amiral Battet a obtenu le patronage du Président de la République, et le ministre de la Défense Hervé Morin doit être sur les pontons de Nouméa, le 16 septembre, pour l'appareillage du Dumont d'Urville, avec 120 hommes à bord dont 60 scientifiques et explorateurs.

L'expédition avait initialement été prévue pour avril 2008. Mais elle a été repoussée victime « d'aléas techniques ». Budget difficile à boucler. Manque de plongeurs. Puis, miracle, un nouveau partenaire s'est engagé, le groupe Eramet et sa société Le Nickel, puissant groupe minier implanté depuis plus d'un siècle en Nouvelle Calédonie.

L'opération Lapérouse 2008 a un mois devant elle pour de nouvelles découvertes. À la mi-octobre commence la saison des cyclones. Les plongeurs espèrent explorer les restes de la cabine personnelle de Lapérouse. À terre, il s'agit de déterminer si les survivants ont pu s'échapper de l'enfer vert de Vanikoro, ou s'ils y ont été massacrés.

Bernard LE SOLLEU

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