lundi 21 avril 2008

"Feu vert pour les fouilles archeologiques a Vanikoro"

L'article ci-dessous a été publié dans le journal web des Nouvelles Calédoniennes du 19/4. En raison de son intérêt évident, vous le lirez ici intégralement:

Après un long suspense, l’Association Salomon a reçu hier, à 14 heures, l’autorisation officielle des autorités salomonaises pour effectuer des fouilles à Vanikoro. C’est sur ce site qu’a disparu en 1788 le navigateur français Lapérouse.

Les autorités françaises avaient bon espoir depuis un cocktail dînatoire, mercredi, de reprendre les fouilles archéologiques sur le site de Vanikoro. Hier, le gouvernement salomonais leur a accordé une autorisation, encore inespérée il y a quelques mois.
La campagne 2008 avait été remise en cause pour une affaire personnelle concernant deux représentants de tribus de Vanikoro et pour une maladresse de l’ambassadeur de France aux Salomon. Il avait refusé l’embarquement de l’un des deux suite à une dénonciation de l’autre, au moment d’embarquer à Honiara avec la délégation salomonaise invitée à Paris. Elle était conviée à l’exposition sur Lapérouse au musée national maritime.
Depuis, de très nombreuses tractations se sont déroulées entre le ministère des Affaires Etrangères, le ministère de la Défense, le ministère de la Culture français, d’une part, et leurs homologues salomonais. La France a finalement décidé de payer les faux frais en les révisant toutefois à la baisse car les prétentions étaient exorbitantes. L’opération devrait désormais se dérouler normalement.

De très nombreuses tractations

Même s’ils ne le disent pas volontiers, les membres de l’Association Salomon espèrent bien trouver de nombreux objets archéologiques au fond du site dit « la Faille ». Lors de la dernière campagne en 2005, le chantier avait été arrêté alors que d’importants objets étaient remontés, signe que les plongeurs arrivaient à une strate prometteuse.
Ainsi, un compas azimutal, des petits verres à liqueur, une poignée d’épée, plusieurs pièces de vaisselle chinoise et européenne, des bougeoirs et de nombreuses pièces en argent, et surtout, un sextant avaient été trouvés. Le sextant fabriqué à Brest et signé par Mercier, ainsi que la vaisselle de l’aumônier du bord, avait permis l’identification de l’épave de La Boussole, bâtiment sur lequel naviguait Lapérouse. Un autre navire, L’Astrolabe, s’était perdu un peu plus loin sur le récif où ses restes sont éparpillés.
Ces importantes découvertes arrivaient trop tard car il fallait retourner à Nouméa, calendrier oblige. Les plongeurs avaient juste eu le temps de sécuriser les lieux pour la campagne suivante car le corail menaçait de s’effondrer. Ils l’avaient donc purgé.
Cette fois, le chantier sera préalablement dégagé par les plongeurs de la marine et les travaux débuteront dans la faille dès la mise en place du Jacques-Cartier. D’autres se poursuivront à terre. La campagne de fouilles 2008 est prévue du 9 mai au 6 juin.

Hervé Girard

Source: Les Nouvelles Calédonniennes, 19/4/08

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